Le doctorat est enregistré au répertoire national des certifications professionnelles

L’enregistrement du doctorat au RNCP est officialisé par un arrêté du 22 février 2019, paru au Journal officiel le 6 mars. Préparé en 2018 par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation et avalisé par le Cneser en décembre 2018, cet enregistrement vise notamment à "favoriser le recrutement des docteurs par les employeurs des secteurs de la production et des services". L’arrêté définit les blocs de compétences communs à tous les docteurs, indépendamment de leur spécialité.

  • 07/03/2019

L’arrêté d’enregistrement du doctorat au RNCP (répertoire national des certifications professionnelle) paru le 6 mars au Journal officiel inscrit ce diplôme au niveau 8 – le plus élevé – du cadre national de certification. Le texte précise que "la délivrance du doctorat certifie la capacité à produire des connaissances scientifiques nouvelles de haut niveau ainsi que la maîtrise de blocs de compétences communs à l’ensemble des docteurs et liés à leur formation par la recherche".

L’arrêté d’accréditation de chaque établissement doit se référer aux domaines d’activités professionnelles mentionnés à l’article L. 6113-1 du code du travail, complète l’arrêté du ministère.

Les blocs de compétences communs à l’ensemble des docteurs

L’arrêté fournit en annexe la définition des blocs de compétences qu’acquièrent tous les docteurs, indépendamment de leur discipline scientifique.

1. Conception et élaboration d’une démarche de recherche et développement, d’études et prospective

  • disposer d’une expertise scientifique tant générale que spécifique d’un domaine de recherche et de travail déterminé ;
  • faire le point sur l’état et les limites des savoirs au sein d’un secteur d’activité déterminé, aux échelles locale, nationale et internationale ;
  • identifier et résoudre des problèmes complexes et nouveaux impliquant une pluralité de domaines, en mobilisant les connaissances et les savoir-faire les plus avancés ;
  • identifier les possibilités de ruptures conceptuelles et concevoir des axes d’innovation pour un secteur professionnel ;
  • apporter des contributions novatrices dans le cadre d’échanges de haut niveau, et dans des contextes internationaux ;
  • s’adapter en permanence aux nécessités de recherche et d’innovation au sein d’un secteur professionnel.

2. Mise en œuvre d’une démarche de recherche et développement, d’études et prospective

  • mettre en œuvre les méthodes et les outils de la recherche en lien avec l’innovation ;
  • mettre en œuvre les principes, outils et démarches d’évaluation des coûts et de financement d’une démarche d’innovation ou de R&D ;
  • garantir la validité des travaux ainsi que leur déontologie et leur confidentialité en mettant en œuvre les dispositifs de contrôle adaptés ;
  • gérer les contraintes temporelles des activités d’études, d’innovation ou de R&D ;
  • mettre en œuvre les facteurs d’engagement, de gestion des risques et d’autonomie nécessaire à la finalisation d’un projet R&D, d’études ou d’innovation.

3. Valorisation et transfert des résultats d’une démarche R&D, d’études et prospective

  • mettre en œuvre les problématiques de transfert à des fins d’exploitation et valorisation des résultats ou des produits dans des secteurs économiques et sociaux ;
  • respecter les règles de propriété intellectuelle ou industrielle liées à un secteur ;
  • respecter les principes de déontologie et d’éthique en relation avec l’intégrité des travaux et les impacts potentiels ;
  • mettre en œuvre l’ensemble des dispositifs de publication à l’échelle internationale permettant de valoriser les savoirs et connaissances nouvelles ;
  • mobiliser les techniques de communication de données en "open data" pour valoriser des démarches et résultats.

4. Veille scientifique et technologique à l’échelle internationale

  • acquérir, synthétiser et analyser les données et informations scientifiques et technologiques d’avant-garde à l’échelle internationale ;
  • disposer d’une compréhension, d’un recul et d’un regard critique sur l’ensemble des informations de pointe disponibles ;
  • dépasser les frontières des données et du savoir disponibles par croisement avec différents champs de la connaissance ou autres secteurs professionnels ;
  • développer des réseaux de coopération scientifiques et professionnels à l’échelle internationale ;
  • disposer de la curiosité, de l’adaptabilité et de l’ouverture nécessaire pour se former et entretenir une culture générale et internationale de haut niveau.

5. Formation et diffusion de la culture scientifique et technique

  • rendre compte et communiquer en plusieurs langues des travaux à caractère scientifique et technologique en direction de publics ou publications différents, à l’écrit comme à l’oral ;
  • enseigner et former des publics diversifiés à des concepts, outils et méthodes avancés ;
  • s’adapter à un public varié pour communiquer et promouvoir des concepts et démarches d’avant-garde.

6. Encadrement d’équipes dédiées à des activités de recherche et développement, d’études et prospective

  • animer et coordonner une équipe dans le cadre de tâches complexes ou interdisciplinaires ;
  • repérer les compétences manquantes au sein d’une équipe et participer au recrutement ou à la sollicitation de prestataires ;
  • construire les démarches nécessaires pour impulser l’esprit d’entrepreneuriat au sein d’une équipe ;
  • identifier les ressources clés pour une équipe et préparer les évolutions en termes de formation et de développement personnel ;
  • évaluer le travail des personnes et de l’équipe vis-à-vis des projets et objectifs.